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	<title>Château des Fossés (Alexandre Dumas)</title>
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		<title>Où le petit Alexandre forge son imagination1</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Dec 2012 23:10:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Château des Fossés (Alexandre Dumas)]]></category>

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<p>&nbsp;</p>
<h2><img class="alignnone size-full wp-image-83" title="photos-img17-262" src="http://www.charlieprod.com/fme/files/2012/12/photos-img17-262.jpg" alt="" /></a></h2>
<h2>Les Fossés, matrice de l&rsquo;imaginaire dumasien</h2>
<p>C’est dans la plus petite enfance que se forme l’imaginaire. A. Dumas nous dit dans ses Mémoires, et nous le redit dans son roman “Conscience l’Innocent”: C’est au château des Fossés loué par son père le général qu’il a fixé ses tous premiers souvenirs. Il le répète de vive voix lors de son retour sur les lieux et dans les environs en 1864. C’est là qu’il admira le physique athlétique de ce père idéalisé qui mourra peu après. Il ne gardera pas de souvenir des résidences qui suivirent juste après, mais les Fossés, la route qui y mène depuis Haramont, le prieuré de Longpré, ont bercé sa prime enfance.</p>
<p>Le fameux psychologue de l’enfance, Jean Piaget, nous montre bien l’importance de ces premières sensations sur la formation de l’imaginaire de l’homme. Ici, l’auteur le reconnaît explicitement dans les deux ouvrages cités. L’importance des bois, des douves qui enserrent le Manoir, la sensation d’être perdu en pleine nature, associée aux derniers souvenirs de son père, constituent le cadre général d’un puissant lieu de mémoire pour cet illustre auteur à l’imagination foisonnante. M. Delaveau écrit en 1998 que ‘’ce pays de son enfance, il ne l’a pas oublié: celui-ci demeure, avec ses récits de voyages, les évènements historiques, l’une des principales sources de sa féconde création littéraire’’.</p>
<p>Des extraits des Mémoires de Dumas peuvent guider et amuser le visiteur des Fossés tout en illustrant explicitement ce lien profond.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img class="alignnone  wp-image-87" title="photos-img17-279" src="http://www.charlieprod.com/fme/files/2012/12/photos-img17-279.jpg" alt="" /></a></p>
<h2>Les Mémoires de Dumas père</h2>
<p><strong>Chapitre II</strong></p>
<p><em>Souvenirs d’enfance &#8211; Le Château des Fossés – Une baignade qui tourne mal – Mocquet « cauchemardé » &#8211; Berlick et Berlock – Une étrange façon de marcher – Voyage à Paris – La pension de la rue Harlay – La marquise de Montesson – Déjeuner à Montmartre avec Brune et Marat – Chez Pauline Bonaparte – Mort du général Dumas.</em></p>
<p>La première lueur qui se répand dans cette première obscurité de ma vie pour y éclairer un souvenir, date de l’année 1805. Je me rappelle la topographie partielle d’un petit château que nous habitions et qui se nommait Les Fossés.</p>
<p>Cette topographie se borne à la cuisine et à la salle à manger, les deux endroits que je fréquentais sans doute avec le plus de sympathie.</p>
<p>Je n&rsquo;ai pas revu ce château depuis 1805, et cependant je puis dire que l&rsquo;on descendait dans cette cuisine par une marche, qu&rsquo;un gros bloc était en face de la porte, que la table de cuisine venait immédiatement après lui, qu&rsquo;en face de cette table de cuisine, à gauche, était la cheminée, cheminée immense, à l&rsquo;intérieur de laquelle était presque toujours le fusil favori de mon père; monté en argent, avec un coussinet de maroquin vert à la crosse, fusil auquel on me défendait, sous les peines les plus sévères, de toucher, et auquel je touchais éternellement, sans que jamais ma bonne mère ait, malgré ses terreurs, réalisé aucune de ses menaces à mon endroit.</p>
<p>Enfin, au-delà de là cheminée, était la salle à manger, à laquelle on montait par trois marches; qui était parquetée en sapin, et lambrissée de bois peint en gris.</p>
<p>Quant aux commensaux de cette maison, à part mon père et ma mère, ils se composaient, et je les classe ici selon l’importance qu&rsquo;ils avaient pris dans mon .esprit :</p>
<p>Ils se composaient :</p>
<p>1) D&rsquo;un gros chien noir nommé Truff, qui avait le privilège d&rsquo;être bien venu partout, attendu que j&rsquo;en avais fait ma monture ordinaire,</p>
<p>2) D&rsquo;un jardinier nommé Pierre, qui faisait pour moi, dans le jardin, provision de grenouilles et de couleuvres, sortes d&rsquo;animaux dont j&rsquo;étais fort curieux,</p>
<p>3) D&rsquo;un nègre valet de chambre de mon père, nommé Hippolyte, espèce de Jocrisse noir, dont les naïvetés étaient passées en proverbe, et que mon père gardait, je crois, pour compléter une série d&rsquo;anecdotes qu&rsquo;il eût pu opposer avec avantage aux jeannoteries de Brunet,</p>
<p>4) D&rsquo;un garde nominé Mocquet, pour lequel j&rsquo;avais une profonde admiration, attendu que tous les soirs il avait à raconter de magnifiques histoires sur son adresse, histoires qui s&rsquo;interrompaient aussitôt que paraissait le général, le général n&rsquo;ayant point de cette adresse une idée aussi haute que le narrateur,</p>
<p>5) Enfin d&rsquo;une fille de cuisine, nommée Marie.</p>
<p>Cette dernière se perd complètement, pour moi, dans les brouillards crépusculaires de ma vie. C&rsquo;est un nom que j&rsquo;ai entendu donner à une forme restée indécise dans mon esprit, mais qui, autant que je puis me le rappeler, n&rsquo;avait rien de poétique.</p>
<p>Truff mourut de vieillesse vers la fin de 1805, Mocquet et Pierre l’ensevelit dans un coin du jardin. Ce fut le premier enterrement auquel j&rsquo;assistai, et je pleurai bien sincèrement le vieil ami de ma première jeunesse.</p>
<p>Maintenant, mes autres souvenirs sont épars et brillants dans une demiobscurité, sans ordre et sans chronologie.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-86" title="photos-img17-278" src="http://www.charlieprod.com/fme/files/2012/12/photos-img17-278.jpg" alt="" /></a></p>
<h2>La cuisine du château et la commémoration culinaire du Bicentenaire</h2>
<p>Un jour que je jouais dans le jardin, Pierre m&rsquo;appela, je courus à lui. Quand Pierre m&rsquo;appelait, c&rsquo;est qu&rsquo;il avait fait quelque trouvaille digne de mon attention. En effet, il venait de pousser d&rsquo;une espèce de pré dans un chemin une couleuvre qui avait une grosse bosse au ventre. D&rsquo;un coup de bêche il coupa la couleuvre en deux et de la couleuvre sortit une grenouille, un peu engourdie d&rsquo;abord, par le commencement de digestion dont elle avait été l&rsquo;objet, mais qui bientôt revint à elle, étira ses pattes l&rsquo;une après l&rsquo;autre, bâilla démesurément et se mit à sauter doucement d&rsquo;abord, puis plus vivement, puis enfin comme s&rsquo;il ne lui était absolument rien arrivé.</p>
<p>Ce phénomène, que je n&rsquo;ai jamais eu l&rsquo;occasion de voir se reproduire depuis, me frappa singulièrement et est resté si présent à mon esprit, qu&rsquo;en fermant les yeux, je revois, au moment où j&rsquo;écris ces lignes, les deux tronçons mouvants de la couleuvre, la grenouille encore immobile et Pierre appuyé sur sa bêche et souriant d&rsquo;avance à mon étonnement, comme si Pierre, la grenouille et la couleuvre étaient encore là.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-84" title="photos-img17-263" src="http://www.charlieprod.com/fme/files/2012/12/photos-img17-263.jpg" alt="" /></a></p>
<h2>Pierre le jardinier</h2>
<p>Seulement le visage de Pierre est à demi effacé par le temps, comme un daguerréotype mal venu.</p>
<p>Je me souviens encore que vers la moitié de l’année 1805, mon père, souffrant et se trouvant mal partout, quitta notre château des Fossés pour une maison ou un château situé à Antilly (de ce séjour, je n&rsquo;ai aucun souvenir) et que mon déménagement à moi se fit sur le dos de Pierre. Or, il avait beaucoup plu la veille et la surveille, et mon étonnement était grand de voir Pierre, sans se déranger, traverser les flaques d&rsquo;eau qui coupaient le chemin.</p>
<p>&nbsp;&raquo; Tu sais donc nager, Pierre ? lui demandais-je</p>
<p>Il faut que l&rsquo;impression que m&rsquo;a faite le courage de Pierre traversant ces flaques d&rsquo;eau, soit bien vive, puisque ces paroles sont les premières que je me rappelle avoir prononcées, et, comme celles de M. de Crac qui avaient gelé en hiver et qui dégelaient au printemps je les entends bruire à mon oreille avec l&rsquo;accent lointain et presque perdu de ma voix enfantine.</p>
<p>Cette interrogation à Pierre : Pierre sais-tu nager ? venait d’un événement arrivé chez nous, et qui avait laissé une impression profonde dans ma jeune imagination. Trois jeunes gens, dont l&rsquo;un nommé Dupuis, et que j’ai revu depuis bijoutier à Paris, trois jeunes de Villers-Cotterêts étaient venus au château des Fossés entouré d&rsquo;eau, pour demander la permission de se baigner dans l&rsquo;espèce de canal qui lui faisait une ceinture.</p>
<p>Mon père avait accordé cette permission, avait demandé aux jeunes gens s&rsquo;ils savaient nager, et, sur leur réponse négative, leur avait assigné un endroit où ils devaient avoir pied, et où par conséquent ils ne courraient aucun danger. Nos baigneurs s&rsquo;étaient d&rsquo;abord tenus là, puis, peu à peu, ils s&rsquo;étaient enhardis, de sorte que tout à coup nous entendîmes de grands cris du canal : on y courut, c&rsquo;étaient nos trois baigneurs qui étaient tout simplement en train de se noyer.</p>
<p>Heureusement Hippolyte était là, et Hippolyte nageait comme un poisson. En un tour de main il fut à l&rsquo;eau, et quand mon père arriva au bord du canal, il était déjà en bonne voie de sauver le premier. Mon père, admirable nageur des colonies, se jeta à l&rsquo;eau à son tour et sauva le second. Hippolyte sauva le troisième.</p>
<p>Toute cette repêcherie fut l&rsquo;affaire de cinq minutes et cependant l&rsquo;un des trois baigneurs avait déjà perdu connaissance, de sorte que le voyant couché, les yeux fermés et sans souffle, je le crus mort ; ma mère, qui savait qu’il n&rsquo;était qu&rsquo;évanoui, et à qui mon père assurait qu&rsquo;il ne courait aucun danger de la vie, profita de ce spectacle qui m’impressionnait profondément, pour me faire un sermon plein d&rsquo;éloquence sur le danger d&rsquo;aller jouer sur les bords du canal. Jamais sermon n’eut un auditoire plus attentif, jamais prédicateur n’eut un converti plus fervent.</p>
<p>A partir de ce moment, on ne m’eût pas pour tous les trésors de l’enfance, chevaux galopants, moutons bêlants, chiens aboyants, on ne m’eût pas fait cueillir une fleur sur les bords du canal.</p>
<p>Une chose m&rsquo;avait frappé encore, c&rsquo;étaient les formes merveilleuses de mon père, ces formes pour lesquelles on semblait avoir fondu clans un même moule les statues d&rsquo;Hercule et d’Antinoüis, comparées aux formes grêles et pauvres d’Hippolyte.</p>
<p>Il en résulte que je vois mon père, quand je le vois nu, ruisselant d&rsquo;eau, et souriant d&rsquo;un divin sourire, comme un homme qui vient d&rsquo;accomplir un acte qui l&rsquo;égale à Dieu, c&rsquo;estàdire qui vient de sauver un autre homme.</p>
<p>Voilà pourquoi je demandais à Pierre s&rsquo;il savait nager : c&rsquo;est que, le voyant s&rsquo;aventurer dans des flaques d&rsquo;eau de deux pouces de profondeur, je songeais à ce jeune homme évanoui sur les gazons du canal, et que je ne voyais là, pour nous sauver, ni mon père, ni Hippolyte.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-88" title="photos-img17-280" src="http://www.charlieprod.com/fme/files/2012/12/photos-img17-280.jpg" alt="" /></a></p>
<h2>Les douves</h2>
<p>Où le général et Hippolyte sauvèrent deux jeunes gens</p>
<p>Hippolyte, excellent nageur, coureur dératé, assez bon cavalier, était loin d&rsquo;avoir, comme je crois l&rsquo;avoir déjà dit, des facultés intellectuelles correspondantes à ses qualités physiques. Deux exemples donneront une idée de son intelligence.</p>
<p>Un soir que ma mère craignait une gelée de nuit et qu&rsquo;elle voulait en préserver quelques belles fleurs d&rsquo;automne, placées sur un petit mur d&rsquo;appui et dont la vue égayait les fenêtres de la salle à manger, elle appela Hippolyte.</p>
<p>Hippolyte accourut et attendit l&rsquo;ordre qu&rsquo;on allait lui donner, ses gros yeux écarquillés et ses grosses lèvres ouvertes.</p>
<p>- Hippolyte, lui dit ma mère, vous rentrerez ces pots-là ce soir, et vous les mettrez dans la cuisine.</p>
<p>- Oui, madame, répondit Hippolyte.</p>
<p>Le soir, ma mère trouva effectivement les pots dans la cuisine, mais empilés les uns sur les autres, afin de prendre le moins de place possible sur les terres de Marie, la cuisinière.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Une sueur froide passa sur le front de ma pauvre mère, car elle comprenait tout.</p>
<p>Les fleurs brisées, entassées les unes sur les autres et toutes brillantes de gelée, furent retrouvées le lendemain au pied du mur. Hippolyte avait obéi à la lettre. Il avait vidé les fleurs et rentré les pots.</p>
<p>On appela Pierre, leur médecin. Pierre en sauva quelques-unes, mais la plus grande partie se trouva perdue.</p>
<p>Le second fait est plus grave. Je l’avais offert à Alcide Tousez, pour qu’il le plaçât dans La Soeur de Jocrisse, mais il n’osa l’utiliser.</p>
<p>J’avais un charmant petit friquet que Pierre avait attrapé. Le pauvre petit volant à peine avait voulu s’aventurer comme Icare à suivre son père, et était passé de son nid dans une cage, où il avait grossi et où son aile avait pris tout le développement nécessaire.</p>
<p>C&rsquo;était Híppolyte qui était chargé spécialement de donner du grain à mon friquet et de nettoyer la cage.</p>
<p>Un jour je trouvai la cage ouverte et mon friquet disparu.</p>
<p>De là, cris, douleurs, trépignements, et enfin intervention maternelle.</p>
<p>- Qui a laissé cette porte ouverte ? demanda ma mère à Hippolyte.  C&rsquo;est moi, madame, répondit celuici joyeux comme s’il avait fait l&rsquo;action la plus adroite du monde. – Et pourquoi cela ? Dame ! pauvre petite bête, sa cage sentait le renfermé.</p>
<p>Il n&rsquo;y avait rien à répondre à cela. Ma mère n’ouvrait-elle pas elle-même les fenêtres et les portes des chambres qui sentaient le renfermé, et ne recommandaitelle pas aux domestiques d’en faire autant en pareilles circonstances.</p>
<p>On me donna un autre friquet et on enjoignit à Hippolyte de nettoyer la cage assez souvent pour qu’elle ne sentît plus le renfermé.</p>
<p>Je ne me rappelle pas s&rsquo;il obéit bien ponctuellement. D&rsquo;ailleurs un autre évènement préoccupait la maison : le garde Mocquet avait le cauchemar.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-90" title="photos-img17-284" src="http://www.charlieprod.com/fme/files/2012/12/photos-img17-284.jpg" alt="" /></a></p>
<h2>Le nègre Hippolyte</h2>
<p>Savez-vous ce que c&rsquo;est que le cauchemar ? Oui, car vous avez vu ce monstre aux gros yeux, assis sur la poitrine d’un homme endormi et haletant.</p>
<p>De qui est la lithographie, je ne m’en souviens pas, mais je l’ai vue comme vous l’avez vue.</p>
<p>Seulement, le cauchemar de Mocquet, ce n’était pas un singe aux gros yeux, monstre fantastique éclos dans l’imagination d’Hugo, et reproduit par le pinceau de Delacroix, par le crayon de Boulanger ou par le ciseau de Feuchère ; non, c’était une petite vieille, habitant le village d’Haramont, distant d’un quart de lieue de notre château des Fossés, et que Mocquet tenait pour son ennemie personnelle.</p>
<p>Mocquet entra un jour, dès le matin, dans la chambre de mon père, encore couché, et s’arrêta devant son lit.</p>
<p>- Eh bien ! Mocquet, demanda mon père, qu’y a-t-il ? Et pourquoi cet air funèbre ? – Il y a mon général, répondit gravement Mocquet, que je suis cauchemardé.</p>
<p>Mocquet, sans s’en douter, avait enrichi la langue française d’un verbe passif.</p>
<p>- Tu es cauchemardé. Oh ! Oh ! fit mon père en se soulevant sur le coude.</p>
<p>- Oui, général</p>
<p>Et Mocquet tira son brûle-gueule de sa bouche, ce qu’il ne faisait que rarement et dans les circonstances graves.</p>
<p>Ce brûle-gueule était devenu non pas un accessoire de Mocquet, mais une partie intégrante de Mocquet.</p>
<p>Nul ne pouvait dire avoir jamais vu Mocquet sans son brûle-gueule. Quand, par hasard, il ne le tenait pas à la bouche, il le tenait à la main.</p>
<p>Ce brûle-gueule, destiné à accompagner Mocquet au milieu des fourrés les plus épais, devait présenter le moins de prise possible aux corps solides qui pouvaient amener son anéantissement.</p>
<p>Or, l&rsquo;anéantissement d&rsquo;un brûlegueule bien culotté était pour Mocquet une perte que les années seules pouvaient réparer, et encore !</p>
<p>Aussi, la tige du brûle-gueule de Mocquet ne dépassait jamais cinq ou six lignes, et encore pouvaiton toujours sur les cinq ou six lignes, parler pour moitié en tuyau de plume.</p>
<p>Cette habitude de ne quitter sa pipe, laquelle avait creusé son étau entre les incisives et les canines de Mocquet, avait amené chez lui une autre habitude qui était celle de parler les dents serrées, ce qui donnait un caractère d&rsquo;entêtement particulier à tout ce qu’il disait ; car alors rien n&rsquo;empêchait plus ses dents de se rejoindre.</p>
<p>- Et depuis quand es-tu cauchemardé pauvre Mocquet ? demanda mon père &#8211; Depuis huit jours, général. &#8211; Et par qui ? &#8211; Oh ! je sais bien par qui; dit Mocquet les dents plus serrées que jamais. – Mais, enfin, peuton le savoir ? &#8211; Par cette vieille sorcière de mère Durand, général. &#8211; Par la mère Durand d&rsquo;Haramont ? &#8211; Oui par elle. – Diable, Mocquet, il faut faire attention à cela. – Je fais attention aussi et elle me le payera la vieille taupe.</p>
<p>La vieille taupe était une expression de haine que Mocquet avait empruntée à Pierre, lequel n&rsquo;ayant pas de plus grand ennemi que les taupes; donnait le nom de taupe à tout ce qu&rsquo;il détestait.</p>
<p>- ll faut faire attention à cela, Mocquet, avait dit mon père.</p>
<p>Ce n&rsquo;est pas que mon père crut au cauchemar de Mocquet, ce n&rsquo;est pas même qu&rsquo;en admettant l&rsquo;existence de ce cauchemar, il crût que c&rsquo;était la mère Durand qui cauchemardait son garde. Non, mais mon père connaissait les préjugés de nos paysans, il savait que la croyance aux sorts est encore fort répandue dans les campagnes. Il avait entendu raconter quelques exemples terribles de vengeances de la part d’ensorcelés, qui avaient cru rompre le charme en tuant celui ou celle qui les avait charmés, et Mocquet, en dénonçant la mère Durand à mon père, avait mis dans sa dénonciation un tel accent de menace, il avait serré la crosse de son fusil de telle façon que mon père avait cru devoir abonder dans le sens de Mocquet, afin de prendre sur lui cette influence, qu’il ne fit rien sans le consulter.</p>
<p>- Mais avant qu’elle ne te paye, mon cher Mocquet, lui dit mon père, il faudrait bien t’assurer qu’on ne peut pas te guérir de ton cauchemar.</p>
<p>– On ne peut pas, général.</p>
<p>– Comment, on ne peut pas ?</p>
<p>– Non, j’ai fait l’impossible.</p>
<p>– Qu as-tu fait ?</p>
<p>– D’abord, j’ai bu un grand bol de vin chaud avant de me coucher.</p>
<p>– Qui t’a conseillé ce remède-là. Est-ce M. Lecosse ?</p>
<p>Lecosse était le médecin en renom de Villers-Cotterêts.</p>
<p>- M. Lecosse ? fit Mocquet, est-ce qu’il connaît quelque chose aux sorts, lui ? Non pardieu pas, ce n’est pas M. Lecosse.</p>
<p>– Qui est-ce donc ?</p>
<p>– C’est le berger de Longpré.</p>
<p>– Mais un bol de vin chaud, animal : tu as dû être ivre mort après l’avoir bu.</p>
<p>– Le berger en a bu la moitié.</p>
<p>– Je comprends l’ordonnance, alors : et le bol de vin chaud n’a rien fait ?</p>
<p>– Mon général, elle est venue piétiner sur ma poitrine cette nuit-là comme si je n’avais absolument rien pris.</p>
<p>– Et qu’as-tu fait encore ?</p>
<p>– J’ai fait ce que je fais quand je veux prendre une bête fausse.</p>
<p>Mocquet avait une phraséologie qui lui était particulière. Jamais on n’avait pu lui faire dire une bête fauve. Toutes les fois que mon père disait : une bête fauve, Mocquet reprenait : Oui, général, une bête fausse, parce que, général, sauf votre respect, vous vous trompez.</p>
<p>- Comment, je me trompe ?</p>
<p>– Oui, on ne dit pas une bête fauve, on dit une bête fausse.</p>
<p>– Et pourquoi cela ? – Parce que bête fauve, cela ne veut rien dire.</p>
<p>– Et que veut dire bête fausse ?</p>
<p>– Ca veut dire une bête qui ne va que la nuit, ça veut dire une bête qui trompe, ça veut dire une bête fausse enfin. La définition était si logique qu’il n’y avait rien à répondre. Aussi mon père ne répondit-il rien, et Mocquet triomphant continua d’appeler les bêtes fauves des bêtes fausses.</p>
<p>Voilà pourquoi à la question de mon père :</p>
<p>- Et qu’as-tu fait encore ?</p>
<p>Mocquet répondait :</p>
<p>- J’ai fait ce que je fais quand je veux prendre une bête fausse.</p>
<p>– Et que fais-tu, Mocquet ?</p>
<p>– J’ai préparé un pierge.</p>
<p>C’était la façon de Mocquet de prononcer le mot piège.</p>
<p>- Tu as préparé un piège pour prendre la mère Durand ?</p>
<p>Mocquet n’aimait pas qu’on prononçât les mots autrement que lui. Il reprit :</p>
<p>- J’ai préparé un pierge pour la mère Durand.</p>
<p>– Et où l’as-tu mis : à ta porte ?</p>
<p>– Oh ! bien oui, à ma porte ; est-ce qu’elle passe à ma porte la vielle sorcière ? Elle entre dans ma chambre à coucher, je ne sais pas seulement par où.</p>
<p>– Par la cheminée, peut-être ?</p>
<p>– Il n’y en a pas. Et d’ailleurs je ne la vois que lorsque je la sens, quand elle me piétine sur la poitrine : v’lan ! v’lan ! v’lan !</p>
<p>– Enfin, où as-tu mis le piège ?</p>
<p>– Le piège ? Je l’ai mis sur mon estomac, donc.</p>
<p>– Et quel piège as-tu mis ?</p>
<p>– Oh ! un fameux pierge, avec une chaîne de fer que j’ai passée à mon poignet. Il pesait bien dix livres. Oh ! oui, dix à douze livres au moins.</p>
<p>– Et cette nuit-là ?</p>
<p>– Oh ! cette nuit-là, ça a été bien pis. Ordinairement c’était avec ses galoches qu’elle me pétrissait la poitrine : cette nuit-là, elle est venues avec ses sabots.</p>
<p>– Et elle vient comme cela ?</p>
<p>– Toutes les nuits que le bon Dieu fait. Aussi j’en maigris que je deviens étique : mais ce matin j’ai pris mon parti.</p>
<p>– Et quel parti as-tu pris, Mocquet ?</p>
<p>– J’ai pris le parti de lui flanquer un coup de fusil, donc.</p>
<p>– C’est un parti sage. Et quand dois-tu le mettre à exécution ?</p>
<p>– Oh ! ce soir ou demain, général.</p>
<p>– Diable ! et moi qui voulais t’envoyer à Villers-Hellon.</p>
<p>– Oh ! ça ne fait rien, général. Etait-ce pressé, ce que j’allais faire ?</p>
<p>– Très pressé.</p>
<p>– Eh bien ! je peux aller à Villers-Hellon, il n’y a que quatre lieues, et être revenu ce soir. Ca fait huit lieues dans la journée. Nous en avons avalé bien d’autres en chassant, général.</p>
<p>– C’est dit, Mocquet. Je vais te donner une lettre pour M. Collard, et tu partiras.</p>
<p>– Et je partirais. Oui, général.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Mon père se leva et écrivit à M. Collard.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La lettre était conçue en ces termes :</p>
<blockquote>
<p>« Mon cher Collard,</p>
<p>Je vous envoie mon imbécile de garde, que vous connaissez. Il s’imagine qu’une vielle femme le cauchemarde toutes les nuits, et pour en finir avec son vampire, il veut tout simplement la tuer. Comme la justice pourrait trouver mauvaise cette manière de se traiter soi-même des étouffements, je vous l’envoie sous un prétexte quelconque. Envoyez-le chez Dauré de Vouty, qui, sous un autre prétexte, l’enverra chez Dulauley, lequel, avec ou sans prétexte, l’enverra au diable, s’il veut.</p>
<p>En somme, il faut que sa tournée dure une quinzaine de jours. Dans quinze jours, nous habiterons Antilly, et alors, comme il ne sera plus dans le voisinage d’Haramont, et que probablement son cauchemar le quittera en route, la mère Durand pourra dormir tranquille, ce que je ne lui conseillerais pas de faire, si Mocquet demeurait dans les environs.</p>
<p>Il vous porte une douzaine de bécassines et un lièvre que nous avons tués hier en chassant dans les marais de Wualue.</p>
<p>Mille tendres souvenirs à votre belle Hermine et mille baisers à votre chère petite Caroline.</p>
<p>Ton ami,</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Alex. Dumas »</p>
<p>« PS – Nous avons reçu hier des nouvelles de votre filleule Aimée, qui se porte bien ; quant à Berlick, il grandit d’un pouce par mois et court toujours sur la pointe des pieds.</p>
<p>Les sabots n’y ont rien fait. »</p>
</blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p>Mocquet partit une heure après la lettre écrite, et, trois semaines écoulées, vint nous rejoindre à Antilly.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>- Eh bien ? lui demanda mon père, le voyant gaillard et bien portant ; eh bien ! la mère Durand ?</p>
<p>– Eh bien ! général, elle m’a quitté, la vielle taupe. Il paraît qu’elle n’avait de pouvoir que dans le canton.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Maintenant le lecteur a le droit de me demander une explication sur le post-scriptum de mon père et d’exiger que je lui dise ce que c’était que ce Berlick qui grandissait d’un pouce par mois et qui courait sur la pointe des pieds sans que les sabots y fissent rien.</p>
<p>Berlick, c’était moi.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Voici à quelle circonstance je devais ce charmant sobriquet.</p>
<p>Pendant la grossesse de ma mère avait eu lieu, comme d’habitude, le jour de la Pentecôte, la fête de Villers-Cotterêts.</p>
<p>Fête charmante, sur laquelle je reviendrai, qui se passe sous les feuillées nouvelles, au milieu des fleurs qui s’ouvrent, des papillons qui voltigent, des fauvettes qui chantent.</p>
<p>Fête qui autrefois avait sa réputation, fête à laquelle on venait de vingt lieues à la ronde, et qui, comme toutes les fêtes, à commencer par la Fête-Dieu, n’existe plus guère que sur le calendrier.</p>
<p>Dans cette fête où venait tant de monde, était venu un homme portant sur son dos une baraque, comme l’escargot porte sa coquille.</p>
<p>Cette baraque contenait le spectacle essentiellement national de Polichinelle, spectacle auquel Goethe a emprunté son drame de Faust.</p>
<p>En effet, qu’est-ce que Polichinelle ? Un libertin usé, blasé, rusé, qui enlève les femmes, qui bafoue les frères et les maris, qui rosse le commissaire, et qui finit par être emporté par le diable.</p>
<p>Qu’est-ce que Faust, sinon un libertin usé, blasé, peu rusé, c’est vrai, qui enlève Marguerite, qui tue son frère, qui rosse les bourgmestres, et qui finit par être emporté par Méphistophélès ?</p>
<p>Je ne me hasarderai pas à dire que Polichinelle est plus poétique que Faust, mais j’oserai soutenir qu’il est aussi philosophe et plus amusant.</p>
<p>Donc, notre homme à la baraque avait établi son spectacle sur la pelouse et donnait trente ou quarante représentations par jour de cette sublime farce qui nous a tous fait rire, enfants, et fait réfléchir, hommes.</p>
<p>Ma mère, enceinte de sept mois, alla voir Polichinelle. Notre homme à la baraque était un homme d’imagination. Au lieu d’appeler son diable tout simplement le Diable, il lui avait donné un nom.</p>
<p>Il l’appelait Berlick.</p>
<p>L’apparition de Berlick frappa singulièrement ma mère.</p>
<p>Berlick était noir comme un diable. Berlick avait une langue et une queue écarlates. Berlick ne parlait que par une espèce de grognement qui ressemblait au bruit que fait un siphon d’eau de seltz au moment où il se vide, bruit inconnu à cette époque où ces siphons n’étaient pas inventés, mais par cela même d’autant plus effrayants.</p>
<p>Ma mère resta préoccupée de cette figure fantastique au point qu’en sortant elle s’appuya sur sa voisine en disant :</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>- Ah ! ma chère, je suis perdue ; j’accoucherai d’un Berlick.</p>
<p>Sa voisine, qui était enceinte comme elle, et qui s’appelait madame Duez, lui répondit :</p>
<p>- Alors, ma chère, si tu accouches d’un Berlick, moi qui était avec toi, j’accoucherai d’un Berlick.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Les deux amies rentrèrent à la maison en riant, mais chez ma mère le rire n’était pas franc, et elle demeura convaincue qu’elle mettrait au monde un enfant qui aurait le visage noir, une queue rouge et une langue de feu.</p>
<p>Le jour de l’accouchement arriva.</p>
<p>Plus ce jour approchait, plus la croyance de ma mère prenait d’intensité. Elle prétendait que je faisais de bonds comme un diable seul pouvait en faire, et que quand je lui donnais des coups de pied, elle sentait les griffes dont mes pieds étaient armés.</p>
<p>Enfin arriva le 24 juillet. La demie sonna après quatre heures du matin, et je naquis.</p>
<p>Mais en venant au monde, il paraît qu’à force de me tourner et de me retourner, je m’étais pris le cou dans le cordon ombilical, de sorte que j’apparus violet et à moitié étranglé.</p>
<p>La femme qui assistait ma mère poussa un cri.</p>
<p>- Ah ! ! mon Dieu ! murmura ma mère : noir, n’est-ce pas ?</p>
<p>La femme n’osa répondre. Du violet au noir, il y avait si peu de différence, que ce n’était pas la peine de la démentir.</p>
<p>En ce moment, je voulus crier, comme fait en entrant dans la vie cette créature destinée à la douleur, que l’on appelle l’homme.</p>
<p>Le cordon me serrait le cou, je ne pus faire entendre qu’une sorte de grognement, analogue à un bruit qui n’était que trop présent à l’oreille de ma mère.</p>
<p>- Berlick ! s’écria-t-elle désespérée, Berlick !</p>
<p>Heureusement l’accoucheur se hâta de la rassurer : il me dégagea le cou et ma face reprit sa couleur, et mon cri fut un vagissement d’enfant et non un grognement diabolique.</p>
<p>Mais je n’en étais pas moins baptisé du nom de Berlick et le nom m’en resta.</p>
<p>Quant au second paragraphe du post-scriptum :</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>« Il court toujours sur la pointe de ses pieds et les sabots n’y ont rien fait. »</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il avait trait à une particularité de mon organisation qui fit que jusqu’à l’âge de quatre ans, je marchai ou plutôt je courus, dis-je, sur l’extrême pointe des pieds.</p>
<p>Elssler, près de moi, eût paru danser sur les talons.</p>
<p>Il résultat de cette manière toute particulière de me mouvoir que quoique je ne tombasse pas plus souvent qu’un autre enfant ; ma mère avait plus qu’une autre mère la crainte de me voir tomber, et demandait conseil à tout le monde afin de me faire marcher d’une façon plus chrétienne.</p>
<p>Je crois que c’était M. Collard qui avait donné à ma mère le conseil de me mettre des sabots, espèce de chaussure qui devait rendre à peu près impossible la faculté de marcher si je ne changeais de système.</p>
<p>Je n’en courus que plus fort à ce qu’il paraît, d’après la lettre de mon père. Seulement, je tombais plus souvent.</p>
<p>Ce qui fait qu’on renonça aux sabots.</p>
<p>Un beau jour je renonçai à marcher sur la pointe du pied, et je marchai comme tout le monde. Il va sans dire que je ne donnai jamais aucune raison, ni du caprice ni de la cause qui m’avaient fait y renoncer.</p>
<p>Seulement, ce fut une grande joie pour la maison, et l’on fit part de cet heureux événement aux amis et aux connaissances.</p>
<p>Il va sans dire que M. Collard fut un des premiers informés.</p>
<p>Cependant la santé de mon père allait empirant. On lui parla du médecin de Senlis, qui avait une certaine réputation dans les environs, et que l’on nommait M. Duval : nous allâmes à Senlis.</p>
<p>Ce voyage n’a laissé aucun souvenir dans mon esprit, et je n’en trouve d’autre trace qu’une lettre de ma mère, qui recommande, pendant l’absence qu’elle va faire, un procès à son avoué.</p>
<p>M. Duval donna, à ce qu’il paraît, à mon père le conseil d’aller à Paris pour consulter Corvisart. Mon père comptait faire ce voyage depuis longtemps. Il voulait voir Brune ; il voulait voir Murat ; il espérait obtenir par eux l’indemnité qui lui était due comme prisonnier à Brindisi et de plus se faire ordonnancer le payement de sa solde arriérée de l’an VII et de l’an VIII.</p>
<p>Nous partîmes pour Paris</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-85" title="photos-img17-264" src="http://www.charlieprod.com/fme/files/2012/12/photos-img17-264.jpg" alt="" /></a></p>
<h2>Le général et Mocquet</h2>
<p>Des échos des Fossés à Marly</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Lorsque Dumas fit édifier sa folie de Monte Cristo à Marly, il ajouta le petit château d&rsquo;If.</p>
<p>Sous un certain angle, on peut y retrouver des réminiscences des Fossés,avec le pont, l&rsquo;eau, le toit&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-89" title="photos-img17-283" src="http://www.charlieprod.com/fme/files/2012/12/photos-img17-283.jpg" alt="" /></a></p>
<p>Les Fossés et le château d&rsquo;If</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La rencontre d&rsquo;un enfant, de son père et d&rsquo;un lieu</p>
<p>Aux Fossés Dumas découvrit et aima la nature. A Montgobert, ou encore avec le personnel du château il observa la chasse, pour laquelle il se passionnera toute sa vie. Il garda de ses mésaventures avec le jardinier Pierre sa phobie des serpents. Chauffé au coin du feu de la cheminée, il lécha les fonds de plats, observera les travaux de la cuisine, donnera de l&rsquo;aide&#8230; il en conservera cette fameuse passion pour la gastronomie. On refit certaines des recettes de son Grand Dictionnaire de Cuisine dans cette même cuisine à l&rsquo;occasion du bicentenaire de sa naissance en 2002.</p>
<p>Il passa là les seuls moments que le destin lui accorda de vivre avec son père, qu&rsquo;il idéalisera, qui sera son modèle de héros, avec la dimension tragique de son histoire. Ce père, et plus tard sa mère Marie-Louise Labouret lui contèrent les exploits du général, les aventures extraordinaires du grand-père marquis qui fit d&rsquo;une esclave trouvée près d&rsquo;un autre Monte Cristo la grand-mère du plus célèbre romancier français.</p>
<p>Les lieux mêmes transpiraient d&rsquo;aventures, de poussières de la grande Histoire. Après Dumas, d&rsquo;autres occupants eurent des destins étonnants, étranges, toujours marqués par l&rsquo;aventure et le voyage.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p> <img class="alignnone size-full wp-image-91" title="photos-img17-286" src="http://www.charlieprod.com/fme/files/2012/12/photos-img17-286.jpg" alt="" /></a></p>
<p>Aperçu du parc</p>
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<p>&nbsp;</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-93" title="photos-img17-288" src="http://www.charlieprod.com/fme/files/2012/12/photos-img17-288.jpg" alt="" /></a></p>
<p>Les pavillons d&rsquo;entrée et le porche</p>
<p>&nbsp;</p>
<p> <img class="alignnone size-full wp-image-92" title="photos-img17-287" src="http://www.charlieprod.com/fme/files/2012/12/photos-img17-287.jpg" alt="" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<h2>REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES</h2>
<p>‘’Architectures – Canton de Villers-Cottterets, Aisne’’ (Association pour la Généralisation de l’inventaire régional en Picardie) , enquête d’Alain Nafilyan, pp.30-31</p>
<p>“Architectures rurales en Picardie – le Soissonnais”, par Denis Rolland.</p>
<p>‘’Par Monts et par Vaux en Forêt de Villers-Cotterets’’ (Jacques Chauvin, 1961)</p>
<p>‘’Histoire de Coyolles’’, Alain Jacono 1991</p>
<p>‘’Histoire de Villers-Cotterets’’ (Alexandre Michaux, 1867, réédité en 1995)</p>
<p>‘’Largny-sur –Automne’’ (A. Moreau-Néret, Soissons 1966)</p>
<p>‘’Histoire du Valois’’ (Victor Dujardin 1887, réédité en 1991 chez Laffitte)</p>
<p>‘’Dict.Historique du département de l’Aisne’’ (Maximilien Melleville, 1996)</p>
<p>« Aisne, le guide complet de ses 817 communes » Michel de la Torre, Ed. Deslogis-Lacoste, 1990</p>
<p>‘’Haramont et l’Abbaye de Longpré’’ (Bernard Ancien, 1960; Sté Hist. Rég. De Villers-Cotterets)</p>
<p>‘’Histoire d’Haramont’’ (1986, Sté Hist. Rég. De Villers-Cotterets)</p>
<p>‘’Le château et la maison des Fossés’’ (F.L. Depoutot, 1960, in Bulletin de la Société Historique Régionale de Villers-Cotterets)</p>
<p>« Le fief de Queue à Coyolles à la fin du XV° siècle » par Denis Rolland in Bulletin de la Fédération des Sociétés d’Histoire et d’Archéologie de l’Aisne tome XLVI (2001).</p>
<p>“Mémoires’’ d’Alexandre Dumas</p>
<p>‘’Le pays natal’’ (1864, 1996 Mercure de France), ‘’Le Meneur de loups’’ (1857), ‘’Ange Pitou’’, ‘’Conscience l’Innocent’’, ‘’Catherine Blum’’ d’Alexandre Dumas</p>
<p>Baron de Woelmont de Brumagne « Notices Généalogiques » (1928), art. Jouenne d’Esgrigny</p>
<p>Notes de M. Antoine Windeck, descendant des Jouenne d’Esgrigny (Janvier 2004)</p>
<p>Chaix d’Est-Ange « Dictionnaire des Familles Françaises » art.des Fossez.</p>
<p>Denis Rolland « Le fief de Queue à Coyolles » (Fédération des Sociétés d’Histoire et d’Archéologie de l’Aisne t.XLVI, 2001)</p>
<p>Vte A. Révérend « Armorial du 1° Empire », art. Semellé</p>
<p>« Balade dans l’Aisne » (2002, Editions Alexandrines, présenté par Marie-Noëlle Craissati)</p>
<p>« Le Parchemin », Bulletin de l’Office Généalogique et Héraldique de Belgique n°325 Jan-Fév 2000</p>
<p>« Le Soir Magazine » n°3654, 3 juillet 2002, Bruxelles</p>
<p>« Le Point », 12 juillet 2002 p.94</p>
<p>Georges Six « Dict. Biographique des Généraux, amiraux… », Paris 1934</p>
<p>Claude Ribbe « Alexandre Dumas, le dragon de la Reine » (Le Rocher 2002)</p>
<p>Editions Atlas : fiche dédiée dans la collection « Châteaux Passion »</p>
<p>Architectures rurales en Picardie – le Soissonnais,</p>
<p>par Denis Rolland.</p>
<p><!--:--></p>
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		<item>
		<title>Le Général Dumas : mon père ce héros&#8230;</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Dec 2012 22:47:24 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Château des Fossés (Alexandre Dumas)]]></category>

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		<description><![CDATA[Un marquis cauchois et une esclave haïtienne Thomas-Alexandre Davy de la Pailleterie, dit Alexandre Dumas, général, père du romancier naquit à Jérémie (Saint-Domingue) le 25 mars 1762 et mourut à Villers-Cotterêts (02) le 26 février 1806. Il était le fils du marquis Alexandre Davy de la Pailleterie, venant du pays de Caux (Bielleville) et venu [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><!--:fr--><br />
<h2><img class="alignnone size-full wp-image-76" title="photos-img17-247" src="http://www.charlieprod.com/fme/files/2012/12/photos-img17-247.jpg" alt="" /></a></h2>
<h2>Un marquis cauchois et une esclave haïtienne</h2>
<p>Thomas-Alexandre Davy de la Pailleterie, dit Alexandre Dumas, général, père du romancier naquit à Jérémie (Saint-Domingue) le 25 mars 1762 et mourut à Villers-Cotterêts (02) le 26 février 1806.</p>
<p>Il était le fils du marquis Alexandre Davy de la Pailleterie, venant du pays de Caux (Bielleville) et venu là en 1748, et d’une négresse, Césette, achetée très cher à M. de Maubielle (elle sera revendue à un mulâtre, M. Caron, pour payer le voyage de retour en France).</p>
<p>Son père était le dernier des Davy, gentilhommes cauchois, &nbsp;&raquo; marquis &nbsp;&raquo; de la Pailleterie, qui possédaient un château à Bielleville-en-Caux, près de Bolbec.</p>
<p>Il avait rejoint son cadet, lequel avait fait fortune dans les plantations de canne à sucre. Après une dispute, il disparut dans l&rsquo;île.</p>
<p>Après le décès de son cadet, le &laquo;&nbsp;marquis&nbsp;&raquo; que chacun pensait mort à Saint Domingue réapparut pour faire valoir ses droits contre son neveu de Maulde.. Ce grand-père étonnant et peu recommandable anticipait sur Edmond Dantès ! Puis il vendit le château, qui fut racheté par ce même neveu contre une rente de 10.000 livres.</p>
<p>On peut s&rsquo;amuser du le fait que par cet aïeul indigne, Dumas descendait d&rsquo;une Anne de Clère, mère d’Anne de Pardieu, et issue des Montmorency, des comtes de Nesles-Soissons et du roi Louis VI.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-75" title="photos-img17-148" src="http://www.charlieprod.com/fme/files/2012/12/photos-img17-148.jpg" alt="" /></a></p>
<h2>Le dragon se fiance à une Cotterézienne</h2>
<p>Le jeune homme rejoint son père déjà revenu en France le 3 août 1775. Après la vente du château familial de Belleville en 1777, il vit avec son père à Saint Germain-en Laye (1778) ; il se fait de bonne heure remarquer par sa haute taille et sa force herculéenne , notamment lors d&rsquo;une altercation avec le major Titon de Saint Lamain au Théâtre des Grands Danseurs du Roi le 14 septembre 1784. Il jouit des plaisirs de la vie en dilapidant les restes de la fortune du père, souvent en sa compagnie, mais tout en recevant à Paris une éducation noble.</p>
<p>Fâché par le mariage de son père avec sa gouvernante, le 2 juin 1786, il s ’engage aux Dragons de la Reine (futur 6ème Dragons en 1791) sous le duc de Guiche, franc-maçon, qui aimait les beaux garçons . Son père décède le même mois. Là il se lie avec de futurs généraux d&rsquo;Empire, Jean-Louis Espagne, Louis-Chrétien Carrière de Beaumont, Piston, également engagés dans cette unité et probablement tous maçons. Basé à Laon, en mars 1788 il est envoyé à Villers-Cotterêts le 20/8 1789 pour rassurer les populations inquiètes des troubles de la Révolution, il y épousera la fille de son logeur, Marie Labouret le 28/11/1792.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2>De dragon à général de division</h2>
<p>De retour à Laon le 19 décembre 1789 le colosse intrépide de 1m85 est nommé brigadier le 16 février 1792 ; il sert à l’armée du Nord, 1792-1793 , devient lieutenant dans les Hussards de la Liberté du colonel Boyer, 2 septembre 1792 (où Espagne est capitaine); devenu ensuite lieutenant-colonel de la légion franche des Américains et du Midi il y est l&rsquo;adjoint de son ami le chevalier de Saint-Georges, 15 septembre 1792 (devenue 13ème chasseurs à cheval, mars 1793).</p>
<p>Il épouse Marie Labouret le 28 novembre 1792 , rejoint son poste le 15 décembre et est envoyé à Béthune le 6 juillet 1793 ; fait général de brigade le 30 juillet 1793 il est envoyé à Soissons pour recevoir et expédier des renforts à l’armée du Nord, 29 août ; repoussé de Roncq le 27 août , il est pourtant nommé général de division et commandant le camp de Mons-en-Pévèle, 3 septembre 1793 ; nommé ensuite commandant en chef de l’armée des Pyrénées Occidentales le 8 septembre 1793 il appelle Beaumont comme aide de camp ( 23 septembre 1793) ; rendu à son poste le 29 octobre, il ne put y prendre le commandement par suite d’un arrêté des représentants du peuple près de cette armée qui maintenait Müller dans le commandement en chef, 24 octobre 1793 ; il fut alors chargé par le Comité de Salut Public de conduire un renfort de 10.000 hommes de l’armée des Pyrénées Occidentales à l’armée de l’Ouest, 30 novembre, où il laissa le souvenir du seul général humain de la République à ce poste.</p>
<p>Il se brouille définitivement avec Saint Georges suite à un trafic de chevaux imputé à ce dernier, fin 1793 ; nommé commandant en chef de l’armée des Alpes, le 22 décembre il se trouve à son poste le 21 janvier 1794 ; là il s’empara du Petit-Saint-Bernard et du Mont-Cenis, où il aurait jeté ses hommes par-dessus une palissade à franchir. Il quitta l’armée pour se rendre à Paris, le 6 juillet ; il prend Espagne comme aide de camp le 22 mai et devient commandant l’Ecole de Mars au camp des Sablons le 2 août ; nommé à l’armée de Sambre-et-Meuse, le 5 août , puis commandant en chef de l’armée de l’Ouest à la place de Vimeux, 17 août 1794 ; il prit possession de son poste le 7 septembre.</p>
<p>Fait commandant en chef de l’armée des Côtes de Brest, le 24 octobre puis envoyé à l’armée de Sambre-et-Meuse comme général de division, le 10 novembre, il est mis en réforme, le 7 décembre 1794, rentra dans ses foyers.</p>
<p>Appelé à Paris pour mater les troubles royalistes, il arrive en retard pour cause de problèmes de voiture (c’est Bonaparte qui accomplira cette tâche les 5 et 6 octobre 1795, ce qui aboutira à la carrière que l’on sait).</p>
<p>Il souffre alors d’une excroissance à l’œil . Remis en activité comme commandant à Sedan, le 14 novembre 1795, il est( chargé, le même jour, d’occuper le pays de Bouillon.</p>
<p>Il démissionna le 6 décembre 1795 , mais sa démission fut refusée par le ministre de la Guerre le 1er janvier 1796 . Nommé commandant de la place de Landau, le 11 janvier 1796, puis mis à la disposition du ministre de la Guerre, le 13 avril, il est ensuite commandant les vallées de Tarantaise et de Maurienne à la place de Carteaux, 22 août ; désigné pour l’armée d’Italie à la place de Despinoy, 13 octobre ; commandant la cavalerie de l’armée d’Italie sous Kilmaine, novembre 1796 ; commandant une division sous Kilmaine, à la place de Chabot, au blocus de Mantoue, 17 décembre 1796 ; placé sous Sérurier, 21 décembre ; servit à la Favorite, 16 janvier 1797 ; commanda la cavalerie sous Masséna, 17 janvier, à la suite d’une altercation avec Berthier (il semble qu’il ait été furieux de la promotion de celui-ci à la place de Kilmaine, alors qu’il était plus ancien dans le grade de général de division, cette furie étant aggravée par la nouvelle de la perte d’une fille née récemment) ; puis sous Joubert dans le Tyrol, 24 février ; servit au combat de Neumarck, 22 mars ; encore rempli de furie et de désespoir, tua plusieurs cavaliers ennemis de sa propre main, arrêta seul, sur le pont de Brixen, pendant plusieurs minutes, un escadron de cavalerie autrichienne, donnant le temps aux siens de le rejoindre ; y fut blessé de 2 coups de sabre, 23 mars 1797 , ce qui lui valut le surnom de « diable noir » par les autrichiens et d’Horatius Coclès du Tyrol pour les siens ; servit à Mittelwalde, 28 mars ; commanda une division de cavalerie à l’armée d’Italie, 11 avril, puis la 2ème division de cavalerie de cette armée, 14 juin ; est à Trévise, à Rovigo où il dîne avec Joséphine, et avec Pauline Bonaparte-Leclerc ; séjourne à Villers-Cotterêts, alors que les Labouret liquident leur hôtel et s’installent rue de Lormet; vend 5 chevaux, 18 octobre ; à l’armée d’Angleterre, 9 novembre ; commandant une division de dragons à ladite armée, 12 janvier 1798 ; vend 5 de ses 6 chevaux d’Italie pour 1000 livres pour régler le loyer de la maison de la rue de Lormet louée en avril pour son beau-père Claude Labouret à Villers-Cotterêts, 18 mars 1798 ; les Labouret vendent le mobilier de l’hôtel de l’Ecu pour 1300 francs, avril ;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-77" title="photos-img17-253" src="http://www.charlieprod.com/fme/files/2012/12/photos-img17-253.jpg" alt="" /></a></p>
<p>Le général Dumas en campagne</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2>Campagne d&rsquo;Egypte, captivité, retraite aux Fossés</h2>
<p>Dumas est appelé à Toulon, où il se trouve le 4 mai ; il y est reçu par Bonaparte, au lit avec Joséphine le 10 mai ; le 19 mai 1798 il quitte Toulon comme commandant de la Cavalerie d ’Orient. Il embarque sur le ‘Guillaume Tell’ pour l’Egypte avec ses aides de camp, Beaumont, Dermoncourt et Lambert ,19 mai ;</p>
<p>Il écrit à Marie-Louise, sa femme, combien il est démoralisé, parle de ‘déportation’, et de moral et de physique ‘éprouvés’, 15 juin ; confirmé commandant la cavalerie de l’armée d’Orient, avec 3000 cavaliers et … 300 chevaux, 23 juin ;</p>
<p>Il marche à l’avant, son fusil de chasse à la main, à la prise d’Alexandrie, le 2 juillet ; Bonaparte lui offre un sabre. Au départ pour le Caire, il faut traversér sur 14 lieues du désert de Damanhour, avec des équipements totalement inadaptés, 7 juillet ; il a une discussion animée sous la tente avec Lannes et Murat, où tous trois perdent espoir, jettent leurs chapeaux dans le sable et les piétinent avec colère ; Dumas dénonce l’ambition personnelle de Bonaparte, 9 juillet ; arrivée au Nil, à El Ramanieh ; Dumas, malade, souffre de la chaleur,10 juillet ;</p>
<p>Bataille contre Ibrahim et Mourad bey et leurs 6000 mamelouks à Gizeh, victoire de Desaix, Bon et Via, 21 juillet ;</p>
<p>Nelson coule la flotte à Aboukir, ce qui rend un retour proche impossible et accroît le mécontentement des officiers, 13 août ; Bonaparte frappe du poing sur la table devant ces récriminations,15 août ;</p>
<p>Dumas convoqué par Bonaparte, demande à rentrer après une vive discussion, fin août ; il trouve un coffre rempli d’or dans sa maison et en fait don à Bonaparte, fin août ; il s’empare de Menzaléh, 7 octobre ; réveillé par Dermoncourt, mate les insurgés cairotes en chargeant à cheval dans la Grande Mosquée du Caire, 21 octobre ; avec Lannes et Vaux, au point du jour, échelonnent autour du Caire des détachements de troupes et coupent les insurgés d’apports extérieurs, 22 octobre ;</p>
<p>Autorisé à rentrer en France le 22 janvier 1799 il a un dernier contact avec Bonaparte lors d’une revue des troupes, le 3 février ; il vend sa collection d’armes et achète 11 chevaux ; l’incompétent Menou exaspère les généraux ; Reynier renonce à commander sa division, Menou le fait arrêter par Destaing et « le renvoya en France avec l’ancien chef d’état-major de Kléber, le général Dumas , qui avait proféré quelques paroles injurieuses à son égard », mars ;</p>
<p>Dumas part pour la France d’Alexandrie à bord de la « Belle Maltaise », voilier rapide affrété par lui au capitaine Félix, avec seulement 10 canons ; il offre le passage au général d’artillerie de Manscourt du Rozoy (1749-1824) et à Déodat de Grater de Dolomieu (1715-1801, minéralogiste qui donna son nom à la dolomie), 7 mars (Beaumont reste sous Murat, et Dermoncourt sous Belbey);mais il est fait prisonnier de guerre à Tarente où il avait relâché pour cause de tempête « avec des creux de 10 mètres », fin mars 1799 ;</p>
<p>Emprisonné à Brindisi, puis à Messine, où on tente de l’empoisonner avec des biscuits trempés dans du vin, il sera remis en liberté le 5 avril 1801 ; il écrit à Bonaparte le 6 février ; rejoint Murat à Florence, 28 avril ; rentre en France, malade des sévices subis : il est sourd, aveugle d’un œil, en partie paralysé, et souffre d’un ulcère d’estomac ;</p>
<p>Il arrive à Villers-Cotterêts en juillet ; un arrêté de Berthier exclut de l’armée les officiers de couleur, le 29 mai 1802 ; le territoire français est interdit aux nègres le 2 juillet ; Dumas est destitué de son grade de général de division le 23 juillet ; malgré ses démarches auprès de Berthier et Davout, il ne touche que 4000 francs par an, et ne touchera jamais les 28500 francs d’arriéré et les 5000 francs d’indemnités de captivité qui lui étaient dus ;</p>
<p>Naissance d’Alexandre Dumas à Villers-Cotterêts le 24 juillet ; son parrain est Brune, qui se fait représenter.</p>
<p>Le général Dumas est admis au traitement de réforme, 13 septembre 1802, le jour du soulèvement général de Saint Domingue.</p>
<p>Dumas écrit à nouveau à Bonaparte pour être réintégré le 9 mars ; celui-ci refuse le 17 octobre 1803 ; L&rsquo;indépendance de Saint Domingue est proclamée par Dessalines ; on ouvre une bonne bouteille chez les Dumas, 1er janvier 1804 ;</p>
<p>Dumas loue le château des Fossés le 2 avril ; il y put rêver de sa gloire perdue, du rang de ses ancêtres, rang qu ’il avait illustré brillamment avec ses exploits militaires. Il dut y narrer ses campagnes à son fils, lui parler des Davy, de Césette, du Montecristo de son père à Saint Domingue. Il.rend visite à Pauline Bonaparte, veuve de Leclerc, à Montgobert, en octobre 1805 (elle était déjà séparée de Camille Borghèse, épousé chez Joseph Bonaparte à Mortefontaine (60) le 31 août 1803).</p>
<p>Il quitte les Fossés temporairement pour Antilly le 20 juin 1805 , rend visite à Jean-Noël Corvisart, médecin de l’Empereur, à Paris, qui diagnostique un cancer de l’estomac; il va voir sa fille aînée, Alexandrine-Aimée, et madame de Montesson, accepte l&rsquo;invitation à déjeuner de Murat et de Brune le 18 septembre 1805 ;</p>
<p>Il s’installe à l’hôtel de l’Epée à Villers-Cotterêts chez sa belle famille tout en conservant le bail des Fossés, où il se rend aussi, septembre ; il est frappé de nostalgie en apprenant que son vieil ami Piston charge avec la cavalerie à Austerlitz le 2 décembre ; il fait fondre le pommeau de la canne de son père, puis fait seller, galope dans une dernière charge imaginaire en forêt de Retz le 25 décembre ; il meurt à l’hôtel de l’Epée le 26 février 1806.</p>
<p>Le nom du général Dumas est inscrit au côté sud de l’Arc de Triomphe de l’Etoile.</p>
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<p><img class="alignnone size-full wp-image-78" title="photos-img17-272" src="http://www.charlieprod.com/fme/files/2012/12/photos-img17-272.jpg" alt="" /></a></p>
<p>Le général Dumas à Montgobert chez la belle Pauline</p>
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<h2>Naissance d&rsquo;Alexandre, le futur romancier</h2>
<p>Alexandre, naquit à Villers-Cotterêts le 24 juillet 1802, là où vivaient ses grands-parents maternels Labouret après avoir vendu leur hôtel « A l’Ecu de France ». Le général et sa famille quittèrent les lieux le 2 avril 1804 pour le château des Fossés, à 4km de là, au cœur de la forêt de Retz.</p>
<p>Le général loua ainsi les Fossés aux époux le Cauchois. Là il put rêver à sa gloire perdue, songer au rang occupé jadis par ses ancêtres Davy, rang qu ’il avait lui même illustré brillamment de ses nombreux exploits militaires. Il y put narrer ses campagnes à son jeune fils, lui parler des Davy, de Césette, du Monte Cristo de son père à Saint Domingue.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img class="size-full wp-image-79 aligncenter" title="photos-img17-301" src="http://www.charlieprod.com/fme/files/2012/12/photos-img17-301.jpg" alt="" /></a></p>
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		<title>Le château des Fossés: lieu charmant et romanesque</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Nov 2012 10:51:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Château des Fossés (Alexandre Dumas)]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; Présentation générale du Château des Fossés &#160; Localisation Situé au 26, route de la Vallée de Baudrimont à Haramont, à 4 km de Villers-Cotterêts, 10 km de Pierrefonds, dans le Valois (Aisne). Niché au fond d’un vallon boisé et au bord de la route de la Vallée de Baudrimont, route en impasse qui mène [&#8230;]]]></description>
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<h2>Présentation générale du Château des Fossés</h2>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Localisation</h3>
<p>Situé au 26, route de la Vallée de Baudrimont à Haramont, à 4 km de Villers-Cotterêts, 10 km de Pierrefonds, dans le Valois (Aisne). Niché au fond d’un vallon boisé et au bord de la route de la Vallée de Baudrimont, route en impasse qui mène d’Haramont au Prieuré de Longpré, (Monument Historique).</p>
<p>Sur la route qui y conduit, juste avant le château se trouve une ferme de même époque, qui en dépendait autrefois, et est aujourd&rsquo;hui une exploitation agricole en activité.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Situation juridique</h3>
<p>Propriété depuis octobre 1999 de M. Xavier Blutel, qui l’acquit des héritiers Laval.</p>
<p>Inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques (Commission Régionale du 27 mars 2003, décret préfectoral du 17 juin 2003).</p>
<p>En 2013 une convention a été signée avec le Conservatoire d&rsquo;Espaces Naturels de Picardie afin d&rsquo;assurer la préservation des quelques 120 petits rhinolophes, chauve-souris particulièrement rares, qui viennent mettre bas dans les combles chaque année.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>appo</p>
<h3>Insertion dans l’environnement</h3>
<p>Le château est proche d’une petite route au fond d’un vallon boisé et parcouru de sources et de rus affluents de l’Automne, à 1 km du centre d’Haramont, (Eglise Saint Clément, classée M.H. en 1933), et en direction du Prieuré de Longpré (classé MH), sis 800 mètres plus bas.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il se trouve à proximité d’un lavoir ancien en pierre, réhabilité et entretenu par la commune, et de la station de pompage de la Dhuy qui alimente Villers-Cotterêts et Haramont en eau.</p>
<p>Le château est mitoyen avec une ferme, ancienne dépendance du manoir, également très ancienne, et qui forme un prolongement architectural naturel de la propriété vue de la route.</p>
<p>Les côtés sud, ouest et nord sont en taillis sous futaie, appendices de la belle forêt de Retz.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le château des Fossés, avec la ferme, le lavoir, les bois voisins, le prieuré de Longpré, forment un ensemble inappréciable, fondamentalement important pour l’homogénéité architecturale et naturelle de cette partie encore intacte de la commune d’Haramont.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Biodiversité :</h3>
<p>Proche des marais de Wallu, destinés à être classés Natura 2000, de la magnifique vallée de l’Automne, et de l’immense forêt de Retz, le château et son parc sont dans une zone humide et boisée aux caractéristiques remarquables. Les joncs et roseaux qui bordent les pièces d’eaux et les rus ont permis jadis le développement de l’activité de vaniers et de cazerotiers du village d’Haramont.</p>
<p>Des mousses et lichens extrêmement rares en ces régions ont été inventoriés dans les sous bois voisins. Champignons de toutes sortes, escargots, mais aussi des martin-pêcheurs, de nombreux hérons cendrés, des rapaces, ainsi que de rares chauve-souris sont fréquemment aperçus. Les cerfs de la forêt de Retz viennent brouter et boire en bande aux abords tous proches de la demeure. Les pièces d’eau accueillent des carpes, grenouilles et crapaux.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2>Une introduction par Alexandre Dumas père</h2>
<blockquote><p>« Du plus loin qu’il me souvienne, c’est-à-dire de l’âge de trois ans, nous habitions, mon père, ma mère et moi, un petit château nommé les Fossés, situé sur les limites des départements de l’Aisne et de l’Oise, entre Haramont et Longpré.</p>
<p>On appelait ce petit château les Fossés, sans doute parce qu’il était entouré d’immenses fossés remplis d’eau. »</p>
<p>(Le Meneur de Loups)</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p>“Sur les limites du département de l’Aisne, à l’ouest de la petite ville de Villers-Cotterêts, engagées dans la lisière de cette magnifique forêt qui couvre vingt lieues carrées de terrain, ombragées par les plus beaux hêtres et les plus robustes chênes de toute la France, peut-être, s’élève le petit village d’Haramont, véritable nid perdu dans la mousse et le feuillage, et dont la rue principale conduit par une douce déclivité au château des Fossés, où se sont passées deux des premières années de mon enfance.”</p>
<p>Conscience l’Innocent (1852, en exil à Bruxelles)</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-64" title="photos-img17-296" src="http://www.charlieprod.com/fme/files/2012/11/photos-img17-296.jpg" alt="" /></p>
<h2>L&rsquo;église d&rsquo;Haramont</h2>
<p>Classée Monument Historique sous le mandat de M. du Sault</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2>Le village d&rsquo;Haramont</h2>
<p>Cité en 1150, le nom signifie mont d ’Harald, sans doute d&rsquo;un viking remonté par l ’Oise, un cousin de ces normands dont faisaient partie les Davy, ancêtres de Dumas… L’un d’eux se retrancha-t-il au Xème siècle entre ces fossés? Un ancêtre, selon le mythe familial des Fossés, tuera sur un pont le saxon Isoré, neveu de l’empereur Othon, au siège de Paris en 978. Une tour carrée médiévale sera la base du manoir Renaissance édifié début XVIème par ses descendants qui prirent le patronyme « des Fossés ».</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le manoir Renaissance date du début XVIème, et fut bâti sur les vestiges d’une tour carrée médiévale. Un décor propice aux histoires de cape et d’épée pour un enfant dont l’imagination s’éveille.</p>
<p>Dans cette demeure de caractère en pleine nature, à moins d’une lieue de Villers-Cotterêts, le jeune Alexandre forgera sa riche imagination et passera les seuls moments d ’intimité qu ’il aura avec son père, mort trop jeune, et idolâtré pour toujours.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-60" title="photos-img17-233" src="http://www.charlieprod.com/fme/files/2012/11/photos-img17-233.jpg" alt="" /></p>
<p>Arrivée aux Fossées par la vallée de Baudrimont</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2>Historique du Château</h2>
<h3>Origines</h3>
<p>Le château est situé à Haramont, dans le Valois, région de chasses et de séjours royaux (mérovingiens, carolingiens, Philippe Auguste, puis les comtes de Valois, puis Louis XII, François 1er, Henri IV au château de Villers-Cotterêts) et princiers (les Orléans). Haramont, à la Selve, abritait la volerie du Roi Louis XII.</p>
<p>La région fut très touchée par l’Histoire: Guerre de Cent Ans, révolte des Jacques touchant Largny, Coyolles, Pisseleu, Montgobert (1358), guerres entre Armagnacs et Bourguignons (1411-12), passage des Anglais (1422-33), des Espagnols (1544), guerres de Religion (ravages de 1567), Révolution française où les multiples manoirs, biens religieux de la région furent saisis, dévastés, utilisés comme carrières de pierre par de nouveaux occupants. Vinrent ensuite les cosaques en 1815-1816, les guerres de 1870, 1914-1918.</p>
<p>Bâti par la famille des Fossés à la fin du XVème siècle, le château succédait à une place forte plus ancienne, citée dans des titres familiaux de la famille de Noüe, plusieurs fois alliée à la famille des Fossés aux XIV- XVème siècles. On retrouve le plan d’un ancien donjon carré avec des murs de 120 cm d’épaisseur, constituant la structure de la partie droite (en entrant) de la bâtisse.</p>
<p>Le fief des Fossés est cité au XIVème siècle dans un procès verbal de bornage d’Haramont. La seigneurie d&rsquo;Haramont, distincte, était vassale de Betz, et arrière vassale de Crépy. Ces deux seigneuries furent réunies entre les mains des Fossés au moins à partir d’Antoine I des Fossés, en 1474. Le manoir fut construit à l’époque où l’on reconstruisit partiellement l’église paroissiale saint Clément d’Haramont (classée M.H.) et où l’on embellit l’abbaye de Longpré (également M.H.). Antoine des Fossés, seigneur du fief, fit également rebâtir “a fundamentis” le château de Coyolles au XVIème siècle.</p>
<p>Les armes de cette famille sont gravées sur la façade extérieure de la maçonnerie du portail poterne du Manoir (travail tardif du XIXème siècle). Elles se blasonnaient : “de sinople à deux lions d’argent adossés et leur queue passée en sautoir double”.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Cette famille fut de grande importance dans la région, où ses membres furent seigneurs du fief de la Cour à Largny, de Baudrimont (qui touche à Longpré), vicomtes de Boursonne , seigneurs du château de Noüe à la fin du XIVème siècle, de Pisseleu, Largny, Queüe au XVIème siècle, seigneurs puis marquis de Coyolles de la fin du XIVème siècle à 1788.</p>
<p>D’autres branches furent s’illustrèrent an Picardie: la branche de Beauvillé, éteinte en 1780, celle de Sissy, près de Saint-Quentin (02), éteinte mais qui fournit le rameau des comtes de Villeneuve, encore existant de nos jours.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Les possesseurs successifs du château</h3>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-65" title="photos-img17-298" src="http://www.charlieprod.com/fme/files/2012/11/photos-img17-298.jpg" alt="" /></p>
<p>La famille féodale des Fossés</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Plus de quatre siècles d&rsquo;enracinement avec des interruptions</p>
<p>Le mythe familial de la famille des Fossés rapporte que, en octobre 978, lors du siège de Paris par l’empereur germanique Otton II qui voulait punir l’avant-dernier carolingien Lothaire de son expédition contre Aix-la-Chapelle, un certain Bertrand des Fossés aurait vaincu devant le châtelet qui défendait le grand pont le géant germanique Isoré (d’où le nom ‘’Tombe-Issoire’’ à Paris). Toutefois ce haut fait a aussi été attribué successivement au duc de Bretagne Alain Barbetorte au XIème, au comte d’Anjou Geoffroy Grisegonnelle vers 1130, et, dans le ‘’Moniage Guillaume’’ vers 1160 à… Guillaume d’Orange – Issoir, alias Isoré, devient alors un sarrazin !).</p>
<p>Les premières justifications sur titres de la famille des Fossés remontent au tout début du XIVème siècle. Après les déprédations dues aux ravages de la guerre de Cent Ans, des bornages furent effectués pour corriger ou entériner des empiètements territoriaux. En 1401 eut lieu la révision contradictoire de quatre propriétés : celle de Longpré, de Jean seigneur de Vez, de Jean Poullet, seigneur d’Eméville, et de Colard le Messager, des Fossés.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Hugues des Fossés, né vers 1335, eût trois fils :</p>
<p>&#8211; Antoine, époux d’Elisabeth de Vincelles, parents d’une fille, Marie, morte le 21/12/ 1445 au château de Coyolles, veuve depuis deux ans de Pierre I de Noüe, qu&rsquo;elle avait épousé le 28/05/1408 à Longpré.</p>
<p>&#8211; Guillaume des Fossés, tige de la branche de Coyolles qui, au fil des siècles, perdra et retrouvera par alliance les seigneuries des Fossés et d’Haramont. Ce Guillaume est, en 1395, commandant du Fort de Charenton, écuyer d’Honneur de Charles VI qu’il accompagne en Picardie pour les fiançailles d’Isabelle de France avec Richard II d’Angleterre ; il donne quittance de ses gages le 8 août 1403. En 1414, il est huissier d’armes de Mgr Louis, fils aîné de Charles VI. Il a un fils, Robert, et une fille, Jeanne, épouse de Pierre de Sarcus.</p>
<p>&#8211; Philippe, tige des seigneurs de Sissy, près de Saint Quentin, qui donneront les branches de Champagne, de Sotter, de Vermandois, de Villeneuve et de Beauvillé.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Robert des Fossés, seigneur des Fossés et de Coyolles, fils de Guillaume, acquit le 8 octobre 1420 des terres à Haramont, sans doute pour agrandir son fief des Fossés. Il meurt le 18 août 1468 en son château des Fossés, que lui ou son père avait fait rebâtir en manoir selon le goût de la Renaissance.</p>
<p>Il eût une fille, Marie, (1430-1499), épouse en 1471 de Jean I de Noüe, décédé le 19 septembre 1489 au château des Fossés également. D’eux descend toute la famille de Noüe.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Son fils, Anthoine des Fossés, continua la descendance des seigneurs des Fossés, d’Haramont et de Coyolles. Ecuyer tranchant de Jean d’Orléans, comte d’Angoulême, veuf d’Anne de Villars, il épousa Antoinette de Vaucelles, fille de Jacques, qui lui transmet la vicomté de Boursonne. Il est aussi seigneur de Vez en 1484. Il fut également capitaine concierge de Villers-Cotterêts et Garde de la Forêt de Retz. En 1487 son frère Jehan est élu abbé de Longpont, où il meurt en 1515 en odeur de sainteté.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Une autre sœur, Antoinette, épousa en 1449 Georges de Fallaz.</p>
<p>D’Anne de Villars, Antoine avait eu Antoine II, qui a continué, et Antoinette qui transmit la vicomté de Boursonne à son second mari, Jacques de Capendu, épousé en 1496. Cette vicomté demeurera chez les Capendu jusqu’à la Révolution. Antoinette était veuve de Jacques le Vasseur, épousé en 1473. La troisième fille, Amisse, épousa en 1482 Guillaume de Chézelle.</p>
<p>Antoine II épousa en premières noces Perrette de Vendières (et Philippine d’Aultry ensuite, dont il n’eût point de postérité). Leurs enfants furent :</p>
<p>&#8211; Antoine III, qui a continué les seigneurs de Coyolles. Cette branche aînée reprendra au XVIIIème siècle possession des Fossés : Angélique de Ronty, qui épousa Michel des Fossés de Coyolles, avait reçu de sa mère, née Marie-Françoise de Thouars (1632-1696) les seigneuries des Fossés et d’Haramont. Elle les tenait elle-même de son père Benjamin, né en 1602, cadet de Josias 2, lui-même fils de Claude et petit-fils du premier Josias, le calviniste “usurpateur” des Fossés (voir plus loin).</p>
<p>&#8211; Isabelle, épouse d’Antoine de Lanvin ; leur fille Françoise épousera Adrien de Mazencourt ; d’eux sont issus tous les membres de la famille Mazencourt.</p>
<p>&#8211; Antoine IV, “le Jeune”, seigneur des Fossés, père d’Adrien. En 1563, cet Adrien cède en location son moulin des Fossés. Son père s’était arrogé le droit de construire ce moulin dans les dépendances du domaine, cvéritable défi lancé aux moulins de Coyolles et de Vez, dépendant de Crépy, donc du domaine ducal. Il acquiert en 1595 la seigneurie d’Haramont proprement dite.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-66" title="photos-img17-299" src="http://www.charlieprod.com/fme/files/2012/11/photos-img17-299.jpg" alt="" /></a></p>
<h2>Les troubles des Guerres de Religion, rapines et appropriations de biens&#8230;</h2>
<h3>Usurpation et restitution</h3>
<p>Les Thouars s&rsquo;emparent des lieux&#8230;et les restituent par mariage</p>
<p>Dès la fin XVIème et au début du XVIIème siècle, un suiveur d&rsquo;Henri de Navarre, le calviniste Josias de Thouars, seigneur de Beauregard, à la faveur des Guerres de Religion, s’appropria les seigneuries d’Haramont, divers biens relevant de Pierrefonds, et les Fossés, sans parler de biens des religieuses de Longpré, biens qu’elles récupérèrent par arrêt du Grand Conseil en 1618. Ces Thouars portaient les armes des anciens vicomtes de ce nom, en Poitou, en principe éteints -ils étaient réalité issus d&rsquo;une famille Thouwars connue à Tournai.</p>
<p>Du reste, les Fossés étaient mis la plupart du temps en fermage à ces époques de troubles, où aussi bien les Thouars que les des Fossés sont qualifiés de “co-seigneurs des Fossés”. Nous ignorons à ce jour si cette “cohabitation” avait des origines violentes ou consensuelles, mais l’absence de descendance d’Adrien explique peut-être cette appropriation subite. Il est possible que le manoir n&rsquo;ait été jusque là utilisé que comme maison de chasse.</p>
<p>En 1652, une arrière petite-fille de ce Josias, Marie-Françoise, apporta en mariage les Fossés et Haramont à son mari Robert de Ronty, vicomte de Suzy, garde de la manche du Roi. Il laissera Haramont et les Fossés en dot à sa fille Angélique, qui la ramena ainsi dans la branche aînée de la famille des Fossés par son mariage avec Michel, marquis de Coyolles, fils de Jean et de Marie-Jeanne Pajot, petit-fils de Pierre des Fossés et de Marguerite de Bragelongne. Ce Pierre était fils d’un autre Pierre et d’Hélène de Carvoisin, épousée le 26/6/1581, et petit-fils de cet Antoine III cité plus haut, seigneur de Coyolles, Lieutenant Général des Eaux &amp; Forêts du duché de Valois et de Françoise de la Sangle.</p>
<p>Sans enfants, ils laissèrent ces fiefs au cadet Louis, avant-dernier marquis de Coyolles après son frère Michel. Louis, marié à Jeanne Soir, avait acquis l&rsquo;office de Lieutenant des Maréchaux de France au Bailliage de la Ferté-Milon auprès de Nicolas Nicolaÿ, qui en était titulaire depuis 1702. Capitaine au Régiment de Languedoc, il fut aussi commissaire-syndic de la noblesse de Valois. Il mourut le 4/7/1747.</p>
<p>Les fiefs des Fossés et d’Haramont passèrent ensuite à sa fille Jeanne Eléonore (1719-1795) mariée à Jean-René de Jouënne, comte d&rsquo;Esgrigny (1712-1779). On possède d&rsquo;elle un échange de courriers avec l&rsquo;Intendant de Soissons en 1779-1780 suite à la demande de Salmon, curé d&rsquo;Haramont, de faire réparer le presbytère et aux refus de Marie-Jeanne Victoire de payer les 81-00 livres demandées à cet effet (AD de l&rsquo;Aisne -C129): Le 1/11/1779, elle finit par accepter: &laquo;&nbsp;Trouvez bon Monsieur que comme seigneur donataire de la terre des Fossés et de toutes les censives d&rsquo;Haramont je cède aux voeux des habitants&nbsp;&raquo; (signé: Tourempré; la requête précédente en appel du 12-4-1779 était signée &laquo;&nbsp;Desfossez Desgrigny&nbsp;&raquo;). La lettre accuse toutefois le curé, avec M. le Clair (le Clerc, subdélégué de l&rsquo;Intendant), d&rsquo;avoir falsifié la décision de réparation pour refaire tout à neuf ailleurs. Dans un courrier du 20-10-1779 elle dit avoir perdu son mari &laquo;&nbsp;quelques semaines plus tôt&nbsp;&raquo;. Les 22-6, 6, 9-7-1779, elle avait écrit à M. Daminois, secrétaire du Roi et Receveur général des vingtièmes de la généralité de Soissons, &laquo;&nbsp;son neveu&nbsp;&raquo;, habitant rue des Cordeliers, d&rsquo;intervenir. Cette parenté, précise-t-elle, est par la femme de Daminois. Il a écrit une recommandation le 12-7-1779. On sait par ailleurs que Louis de Jouenne d&rsquo;Esgrigny, sgr de Cramaille, épousa une Etiennette Daminois, +1808. Il était fils d&rsquo;Henri-François +1789, lui-même fils de Jean-François-René et d&rsquo;Anne-Marie Lefebvre.</p>
<p>La dernière fille du couple d&rsquo;Esgrigny, Marie-Jeanne-Victoire, née le 13 juillet 1752 à Coyolles, héritière des Fossés, épousa Pierre de Saint-Martin, baron de Tourempré, maréchal de camp (promotion du 5 décembre 1781) né à Calais le 18/2/1720, mort le 2 août 1783, proche du duc d&rsquo;Orléans, que l&rsquo;on peut voir sur deux belles aquarelles de Carmontelle. Il possédait le château de la Motte-Joudry, situé entre Orléans et Gien. Sa veuve adresse le 5 août 1783 une demande de pension au maréchal de Ségur en précisant que son mari était « le 14ème enfant d’un 15ème cadet de Picardie sans autre bien que les grâces du roy perdues à sa mort ».</p>
<p>Elle épousa ensuite François Nicolas Le Cauchois, garde-marteau des forêts du duc d&rsquo;Orléans et plus tard conservateur des Forêts Impériales à Orléans.</p>
<p>Le fief des Fossés échappa à la confiscation, contrairement à l’abbaye de Longpré, vendue comme Bien National le 17/03/1791).</p>
<p>Sa sœur aînée, Jeanne-Eléonore, la fille aînée du comte d’Esgrigny, ne s’est pas mariée et est qualifiée d’abbesse de la Ferté-Milon à l’arrestation de sa cadette. La cadette, Jeanne Anne “Desgriny”, avait épousé en 1769 François Joachim de Mazencourt, dont elle eût Alexandre de Mazencourt, héritier des biens de la famille des Fossés à Coyolles. Ce dernier émigra en Prusse, où il devint lieutenant au régiment de Wardenslaben. De ce fait, les châteaux et terres de Coyolles furent confisqués comme biens nationaux en l’An III de la Révolution et vendus en septembre 1794 ; la famille réussit toutefois à reprendre ses droits sur Coyolles grâce à maître Niguet, notaire à Villers-Cotterêts en l’An XIII. Jeanne Anne, de fort tempérament, rencontra une fois en forêt le duc d’Orléans, futur Louis-Philippe, alors qu’il chassait sur ses terres. La façon dont elle le remballa sans ménagement frappa le chroniqueur local Dujardin.</p>
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<p><img class="alignnone size-full wp-image-63" title="photos-img17-276" src="http://www.charlieprod.com/fme/files/2012/11/photos-img17-276.jpg" alt="" /></a></p>
<p>L&rsquo;arrière du château des Fossés</p>
<p>Armes des Jouënne d&rsquo;Esgrigny et Saint Martin de Tourempré</p>
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<h3>Péripéties post-révolutionnaires</h3>
<p>Des successeurs variés</p>
<p>Pour revenir à sa sœur Marie-Jeanne-Victoire, épouse Le Cauchois, elle vendit le 17 janvier 1809 par contrat devant le même Maître Niguet, le domaine des Fossés à Louis-Antoine-Joseph Jarry de Mancy.</p>
<p>Ce personnage, né à Noyon en 1760 et mort à Paris en 1826 fut garde du Corps du Roi avant 1789. Il achète le château de Gournay-sur-Aronde (60) en 1807. Marié en 1791 à Adrienne-Jacqueline Lemaire, née à Crépy-en-Valois en 1773, et morte en septembre 1807, il la fit inhumer sous une pyramide dans un enclos particulier à la sortie de Gournay, en bordure de la route de Compiègne à Roye. Ce lieu a été classé Monument Historique. Il revend le château dès 1808. Sous-préfet de Compiègne de 1800 à 1811, il acquit les Fossés le 17 janvier 1809 (Niguet notaire) des époux Le Cauchois. Compromis dans des spéculations financières imprudentes, il dut démissionner. Lui ou ses héritiers les revendront avant 1849 à M. Oerthling, ambassadeur du Mecklembourg à Paris.</p>
<p>Il fut père d&rsquo;au moins un enfant, âgé de 12 ans révolus lors de la vente des Fossés. Ce petit Adrien, qui dût jouer dans les mêmes buissons qu&rsquo; Alexandre Dumas 5 ans plus tôt, était né à Paris le 6 décembre 1796.</p>
<p>Certainement très studieux, il fut élève à l&rsquo;Ecole Normale Supérieure de 1813 à 1816, c&rsquo;est-à-dire dès l&rsquo;âge de 17ans.</p>
<p>Il sera à 24 ans et pendant 32 ans professeur d&rsquo;histoire à l&rsquo;Ecole Royale des Beaux-Arts et à Saint Louis (1820-1852), et bibliothécaire de l&rsquo;Ecole des Beaux-Arts.</p>
<p>En 1830, à 34 ans, il épouse Adèle Lebreton, née à Paris le 25 avril 1794, décédée en 1854 à Paris également. Cette artiste peintre était l&rsquo;élève de son père, Jean-François Lebreton. Une copie du “Pie VII” de David peinte par elle se trouve au musée de Soissons.</p>
<p>Adrien mourut veuf à 66 ans à Paris, en décembre 1862.</p>
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<p>(Bibl. : Roman d&rsquo;Amat : Dictionnaire de Biographie Française ; Horfer ; Vapereau ; Quérard ; matrices cadastrales d&rsquo;Haramont f° 298 année 1849)</p>
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<p><img class="alignnone size-full wp-image-61" title="photos-img17-274" src="http://www.charlieprod.com/fme/files/2012/11/photos-img17-274.jpg" alt="" /></a></p>
<h2>Les Fossés sous le comte Oerthling</h2>
<h3>Un ambassadeur Mecklembourgeois dont les fils reviennent en occupants</h3>
<p>Une fois encore, avant 1849 selon les matrices cadastrales, le château fut vendu, cette fois-ci au comte Samuel Hermann Oerthling, de Rostock, ancien ambassadeur du grand-duché de Mecklembourg Schwerin, attaché à la cour de Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe puis de Napoléon III. Il est cité dans les almanachs comme chargé d’affaires à Paris en 1818, puis ministre plénipotentiaire, et enfin conseiller privé (Almanach de Gotha 1863, p.527). Il resta longtemps le doyen du Corps diplomatique à Paris. Son père avait déjà acquis en 1795 et revendu le château de Puiseux-en-Retz, magnifique ouvrage Renaissance détruit par les marchands de matériaux. Il conserva seulement des bois et prés pour y chasser.</p>
<p>Dès 1853, selon l’abbé F. Chollet, et encore vers 1866 selon A. Michaux, au décès du sieur Oerthling, le château était dans “un état de délabrement impossible à décrire”. Ses fils, Gustave Hermann Georges, demeurant à Warlange près de Folkenburg en Poméranie (Prusse) et Richard Hermann Otto, demeurant à Venwuhrom, dans la même région, vendirent le domaine par acte du 15 août 1868. Les hasards de l’histoire ramenèrent l’un d’entre eux à Villers-Cotterêts sous l’uniforme de cuirassier blanc de la Prusse victorieuse en 1870. Il intervint auprès des troupes d&rsquo;occupation de Villers en faveur des Cotteréziens pour éviter les excès des soldats.</p>
<p>L’acquéreur fut M. Aubin Desprez, mort dès le 10 septembre 1870 à Gentilly. C’est lui qui fit entièrement restaurer le château et compléter les dépendances avant 1875 (date inscrite sur la cheminée).</p>
<p>Il laisse les Fossés à sa fille Louise Euphémie, née le 2 novembre 1849 à Paris. Celle-ci épousa d’abord Georges Olivier baron du Sault, né vers 1847 à Lignan (Gironde), mort en avril 1877 à Haramont</p>
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<p><img class="alignnone size-full wp-image-62" title="photos-img17-275" src="http://www.charlieprod.com/fme/files/2012/11/photos-img17-275.jpg" alt="" /></a></p>
<p>Ecu du Sault</p>
<p>Le colombier des Fossés</p>
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<h2>La famille du Sault: des vignes de Guyenne au Valois, au Brésil, et à St Domingue</h2>
<p>Georges Olivier, baron du Sault, né vers 1847 et décédé à Haramont le 12 avril 1877 était issu d&rsquo;une ancienne famille originaire de Bayonne et du Bordelais.</p>
<p>Son père, le chevalier Emmanuel-Marie, était officier et frère cadet d&rsquo;Amédée-Jean-Baptiste, qui s&rsquo;était fixé à La Havane et avait continué la branche aînée avec sa femme Euphrosine de la Mothe, enfuie de Saint Domingue après les massacres de 1795. Leur descendance s&rsquo;est établie au Brésil.</p>
<p>Emmanuel-Marie servit avec le 27è régiment de ligne en Espagne, en Grèce, et démissionna lors des évènements qui préludèrent à la majorité de Henry V. Il épousa le 11 septembre 1839 Anne-Pauline de Luëtkens, fille de Jean-Jacques, et de Louise Pauline de Raymond -soeur de la comtesse de Fumel.</p>
<p>Cet Emmanuel était lui-même fils de Jean-Jacques du Sault, chevalier de Saint Louis (07/03/1815), émigré, maître dans les Mousquetaires à Andernack en 1791, et de Jeanne de Freslon de Saint-Aubin, épousée à Londres le 2 août 1796.</p>
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<p>Louise Euphémie Desprez et Georges Olivier du Sault eurent deux enfants:</p>
<p>&#8211; Jeanne Marie, née en mai 1876</p>
<p>&#8211; Guy-Olivier, né posthume le 5 juillet 1877, futur maire d&rsquo;Haramont (1931-1944), décédé le 23 juillet 1951 à Haramont, qui épousa le 27 septembre 1920 à Bordeaux Marie Henriette Delouttre. Il exploita les vignobles de Château-Meyner en St Estèphe. Reprenant les Fossés après le décès de sa mère (après 1910), il acquit aussi le donjon de Vez.</p>
<p>Il fit classer l’église Saint Clément en 1933.</p>
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<p><img class="alignnone size-full wp-image-67" title="photos-img17-300" src="http://www.charlieprod.com/fme/files/2012/11/photos-img17-300.jpg" alt="" /></a></p>
<p>Blason des Semellé</p>
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<h2>Bref intermède africain</h2>
<p>Le comte de Semellé meurt en revenant de Guinée</p>
<p>Veuve, Louise s&rsquo;était remariée le 29 Mars 1880 à Charles Georges, baron, dit le comte de Semellé, officier, armateur (1845-22/10/1880), qui disparut en mer sept mois après le mariage, à bord du “Gaboon”, au large de Rio de Oro (Sahara Occidental) ! Elle-même mourra de la tuberculose, attrapée en soignant les soldats de la Grande Guerre réfugiés aux Fossés.</p>
<p>Lors de la guerre des tranchées, l’Etat Major du 4ème Régiment de Spahis quitte Ivors le 2 décembre 1916 pour se porter à Haramont. Ce régiment de 666 hommes et 671 chevaux avait embarqué à Sfax le 1er septembre 1914. Le 4 décembre 1916, ses 4 escadrons, relevés au front entre Feuillères et Blache sous le général Viollaud, sont regroupés aux ordres du colonel du Jonchay, dans la zone de cantonnement d’Haramont, Longpré et Bonneuil. Là, le régiment fournit un détachement de 140 hommes destinés à remplacer les hussards qui occupent les tranchées dans le secteur Berry-Chevilecourt. Suite aux violents bombardements on ramène 10 blessés. Le 31 décembre, le 4ème Spahis est divisé en deux groupes d’escadrons divisionnaires : deux cantonnés à Bonneuil, et les deux autres à Longpré et aux Fossés, où ils sont rattachés à la 70ème Division d’Infanterie. Ces deux groupes continuent d’alimenter en hommes les tranchées de Chevicourt. Ils repartent en mars 1917.</p>
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<h2>Les aventures d&rsquo;un bref mari, Charles, baron, dit le comte de Semellé :</h2>
<h3>D&rsquo;où venait-il ?</h3>
<p>Né le 5 juin 1845 à Courcelles-Chaussy (55). Officier armateur domicilié 21 boulevard de Strasbourg, à Paris, il épouse le 29 mars 1880 à Haramont, devant le maire Charles Auguste Gressier, vannier, Louise, fille d&rsquo;Aubin Desprez, et veuve de Georges-Olivier du Sault. Il était fils de Charles (24/10/1815-jan 1896 Laglio- lac de Côme) et de Céphalie de Carrey d&rsquo;Asnières, et petit-fils de Jean-Baptiste-Pierre-Hippolyte, chef de bataillon à l&rsquo;armée d&rsquo;Italie (1797-99), où il côtoya sûrement le général Dumas, père d&rsquo;Alexandre et prédécesseur de son petit-fils aux Fossés ; chef de brigade à la 20° légère (25/11/1799); baron (LP 1/6/1808), général de brigade (1/7/1807), de division (11/7/1811), député de la Moselle (1822-1830-37), chevalier de la Légion d&rsquo;Honneur, de Saint Louis, né à Metz 16/6/1773, + 24/1/1839 à Urville, et de Cécile-Barbe Masson. Le baron d&rsquo;Empire Semellé acquit et restaura le château d&rsquo;Urville, édifié au XVII° siècle à Courcelles-Chaussy (55). Là se replièrent, en octobre 1813, après la défaite de Leipzig, les généraux Berthier et Radet, général de gendarmerie (1762-1825), officier à St Domingue (1784-1786), puis auteur de l&rsquo;arrestation de Louis XVI à Varennes et de l&rsquo;enlèvement du Pape en 1809. Ils y installèrent leur Grand Quartier Général. En 1870, après les combats de Stiring Bazaine il installera aussi son GQG à Urville, où il reçoit Napoléon III le 10 août. Le 13 août la 1ère Armée allemande occupe le château. Guillaume II l&rsquo;acquiert en 1890 et le modernise. Ceci attirera les curieux jusqu&rsquo;au début de la Grande Guerre. En 1918 il retourne à la France et est affecté à l&rsquo;enseignement agricole. Il devient école régionale d&rsquo;agriculture vers 1945.</p>
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<h3>Qui était-il ?</h3>
<p>Il dirige en 1880 une expédition au Niger. Il établit son centre d&rsquo;opération à Brass-River, où il ne reste que le temps nécessaire pour créer quelques magasins. &nbsp;&raquo; Puis, pénétrant dans le fleuve, il le remonta sans s&rsquo;arrêter jusqu&rsquo;à Egga, situé à 130 lieues de la côte, qu&rsquo;il choisit comme point extrême de ses opérations. Cette création fortement assise, il se rabattit ensuite vers la côte, établissant successivement des factoreries à Lokodja, Igbébé, Onitsha et Abbo sur le Niger, et à Loko sur le Bénué.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Viard était à Lokodja, au pied du mont Pateh et à 100 lieues environ de la côte, où la rivière Bénué rejoint le Niger. Le comte de Semellé revient d&rsquo;expédition. &laquo;&nbsp;Dans quel état! Parti pour Bidda afin de voir le roi Amrou, il avait appris en route que ce dernier, alors en guerre avec des peuplades rebelles, était allé rejoindre ses troupes; par suite, nécéssité pour le comte de Semellé de se rendre au camp de guerre du roi.</p>
<p>Pendant vingt jours, sous des pluies torrentielles, à travers des chemins défoncés, tantôt passant des cours d&rsquo;eau qui lui prenaient le corps jusqu&rsquo;aux épaules; d&rsquo;autres fois gravissant des montagnes presque droites, il dut marcher, sans avoir pu se procurer sur sa route quoi que ce fut, les quelques villages trouvés en chemin ayant été dévastés par les contingents qu&rsquo;Amron avait appelés à son aide.</p>
<p>Il revenait avec l&rsquo;autorisation d&rsquo;Amron, oui, mais exténué par les fatigues et la fièvre, et avec une dysenterie qui ne devait pas se guérir.</p>
<p>Une fois installé dans un lit de la factorerie, les visites affluèrent. Les femmes étaient en grand nombre. Yayi ne manqua pas de venir.</p>
<p>Pendant les quelques jours que le malade resta à la factorerie, elle ne voulut pas le quitter, quoiqu&rsquo;on fut venu plusieurs fois la chercher de la part de la première femme de sa case;</p>
<p>&laquo;&nbsp;De juin à décembre on est constamment trempé par les pluies et de janvier à mai journellement grillé par le soleil; pas de milieu. Aussi les fièvres sont-elles fréquentes et d&rsquo;une intensité plus grande que celles de l&rsquo;intérieur&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Le 22 octobre 1880 à 20h30, rentrant en France faire connaître le résultat de ses efforts, il mourut à bord du &laquo;&nbsp;Gaboon&nbsp;&raquo;, navire qui le ramenait, au sud des Canaries, par 21°32&prime; de latitude Nord et 17°30&prime; de longitude ouest. Son corps fut jeté à la mer le lendemain à 8h par 23°5&prime; de latitude nord et 17°15&prime; de longitude ouest (extrait signé du 22.12.1880 par Sir Everard Home Coleman, Greffier en chef du Bureau central de la Navigation et de la mer à Londres). Le Gaboon rejoignit ensuite Glasgow.</p>
<p>Peu après, début 1881 un vicomte d&rsquo;Agoult géographe mourut dès son arrivée et repose à Brass-River.</p>
<p>Les Anglais avaient jusque là le monopole du traffic commercial sur le fleuve. Semellé avait convaincu le roi local Amrou, par l&rsquo;influence de son futur héritier Maléqui, d&rsquo;accorder des droits également aux Français. (Début 1884, la compagnie anglaise concernée rachètera les établissements et matériels français de la Brass River à prix d&rsquo;or pour retrouver leur position de monopole).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>(Bibl.: E. Viard &lsquo;Au Bas-Niger&rsquo;, Paris 1886; Bull.de l&rsquo;Association &lsquo;Renaissance et Sauvegarde d&rsquo;Haramont&rsquo; -n° 14, avril 1995)</p>
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<h2>Période contemporaine</h2>
<p>La propriété des Fossés passa ensuite au fils posthume du premier mariage de Louise, Guy-Olivier du Sault (05/07/1877-23/07/1951. Il dut vendre d’abord la ferme et la plupart du domaine puis, en 1947, Vez à M. Barbier. Après sa mort, ses enfants Henri et Christiane cédèrent le château en 1952 à M. Dobbels, agriculteur de Largny, qui l&rsquo;afferma à des tiers qui l&rsquo;utilisèrent comme entrepôt agricole, notamment pour y faier vieillir des pommes de terre&#8230;</p>
<p>En juillet 1961, après son décès, son fils Claude Dobbels revendit le château, tout en reprenant l&rsquo;exploitation de la ferme et des terres agricoles. Très dégradé, il passa ainsi à M. Laval, chirurgien dentiste, décédé en 1966 après avoir entrepris une série de réaménagements. Faute de moyens, aucun autre entretien ne fut effectué durant les 35 années suivantes. Sa veuve et ses fils revendirent le tout en 10/1999 à M. Xavier Blutel, né en Côte d&rsquo;Ivoire et résidant alors en Thaïlande</p>
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